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Ligne Ecoute Violences Conjugales : 80% d’appels en plus en 2017

Ce 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, est l’occasion de faire le bilan d’une année de collaboration entre La Wallonie, la COCOF, les Pôles de ressources spécialisées en violences conjugales et intrafamiliales et la Fédération des Centres de Télé Accueil qui assurent, via le 0800 30 030, une écoute téléphonique continue, anonyme et gratuite pour les personnes confrontées, à titre privé ou professionnel, directement ou indirectement, à des situations de violences entre partenaires.

Pour rappel, grâce à cette collaboration initiée, voici tout juste un an, la Ligne Ecoute Violences conjugales est, depuis le 8 mars 2017, accessible 24h/24 et 7 jours sur 7. Jusque-là, le 0800/30 030 était uniquement accessible, les jours ouvrables, de 9 à 19 heures. En dehors de ces permanences, de 19 heures à 9 heures, ainsi que les week-ends et jours fériés, les personnes tombaient sur un répondeur renvoyant vers le site www.ecouteviolencesconjugales.be ou vers la police.

Concrètement, le nombre d’appels pris en charge est passé de 2 693 (en 2016) à 4 862 (en 2017), soit une augmentation de 80,5%.

Il est peu probable que ces chiffres résultent d’une recrudescence des violences. D’année en année, les statistiques en ce domaine, fournies par la Police, sont stables, voire en légère diminution. En Wallonie, 15 488 plaintes pour violences dans le couple (physique, psychologique, sexuelle, économique) ont été enregistrées en 2016. A Bruxelles, 3 597 plaintes ont été déposées en 2016. Mais l’on sait qu’elles ne rendent pas compte de la réalité, en raison de l’importance du chiffre noir.

La sollicitation accrue de la Ligne Ecoute Violences conjugales s’explique, d’une part, par les appels désormais pris en charge, les soirs, les nuits, les week-ends et les jours fériés, par les quelque 400 volontaires des six centres de Télé Accueil (cinq en Wallonie et un à Bruxelles) qui se relaient pour assurer une écoute continue. Mais, d’autre part, il faut aussi relever une croissance significative des appels pendant les heures de permanence assurées en journée par les Pôles de ressources (+ 16 %, augmentation de 2 693 appels en 2016 à 3 123 en 2017).

Certes, comme chaque année, des pics d’appels apparaissent lors des périodes de diffusion de la campagne radio-TV « Le Journal de Marie » (en mars, octobre, novembre et décembre). Mais la croissance générale résulte, sans doute, également, d’un effort de promotion de la ligne effectué, tout au long de 2017, grâce aux efforts conjugués de la Wallonie, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la COCOF. Ainsi, pour la première fois, un affichage a été réalisé dans les véhicules des TEC et de la STIB, ainsi que dans les valves de cette dernière. A la fin du mois de septembre, tous les médecins généralistes actifs à Bruxelles et en Wallonie ont reçu une affiche reprenant le numéro d’appel et le site web de la ligne à apposer dans leur salle d’attente (soit plus de 4 600).

Qui appelle la ligne ? Les victimes de violences, des femmes à plus de 90 %, sont les plus nombreuses à former le 0800 30 030, suivies des services et professionnel·le·s du secteur (plus de 500 appels en journée), puis des proches des victimes (près de 400, la journée) et, enfin, des auteur·e·s (une quarantaine lors des permanences de jour, des hommes pour 73,5 % ). La Ligne d’écoute est souvent la première « porte » à laquelle les victimes qui se dévoilent s’adressent, puisque plus de la moitié des appels traités en journée sont des premiers appels.

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